Le film de l'étape
Faria grandit encore
Le surprenant dauphin de Cyril Despres (KTM – n° 1) dans la première spéciale est passé au niveau supérieur. Ruben Faria (KTM – n° 160) a signé le meilleur temps de cette deuxième étape européenne devant Isidre Esteve, qui prend la tête du classement général. En autos, Carlos Sainz (VW – n° 307) poursuit son apprentissage du Dakar en remportant sa deuxième victoire d’étape consécutive !
Il a encore frappé. Beaucoup plus fort, beaucoup plus juste. Dans l’étape d’ouverture, Ruben Faria était déjà dans un état d’euphorie qui lui avait permis d’accrocher la deuxième place derrière Cyril Despres. Presque inespéré pour un enduriste modeste qui participe à son premier Dakar. Et pourtant, Faria n’a pas été rassasié par cette première rasade de gloire, bien au contraire. Le régional de l’étape, « boosté » par les nombreux supporters massés le long des pistes, a tiré encore un peu plus sur la poignée de gaz, et figure cette fois-ci tout en haut de la feuille de résultat du jour.
Le héros local a donc accompli sa mission en devenant le troisième Portugais vainqueur d’une spéciale sur le Dakar, après Paolo Marques en 1997 et Bernardo Villa en 2002. Sur son nuage, Faria aurait même pu débarquer pour la première fois de sa vie en Afrique en tant que leader du général du Dakar. L’essentiel est ailleurs, mais l’homme qui a été le plus rapide sur la piste est privé de « maillot jaune » à cause d’une pénalité qui lui a été infligée la veille pour avoir pris le départ légèrement en retard. La lecture du classement général procure toutefois une nouvelle joie aux Portugais puisque Helder Rodrigues, 4ème hier, a à nouveau pris la 4ème place, qui le fait accéder au podium avant d’embarquer pour l’Afrique (3ème à 43’’).
Cyril Despres, vainqueur la veille, aurait probablement pu défendre sa position si la stratégie ne lui avait pas commandé de rester légèrement en retrait. Le tenant du titre n’a nullement envie de « faire la piste » à ses rivaux lors de la première spéciale marocaine et n’a donc rien tenté de déraisonnable aujourd’hui. Parti en première position, il a même laissé Faria revenir sur lui et le dépasser. Au total, il concède 3’38’’ au vainqueur du jour et se classe 11ème. Les vrais enjeux sont pour plus tard.
Carlos Sainz a naturellement démarré sa journée dans de tout autres dispositions. Le double champion du monde de rallye WRC sait que l’Europe, c’est sa partie. Sur les pistes moyennes montagneuses du sud du Portugal, le néophyte le plus prestigieux du Dakar s’est livré à une nouvelle leçon de pilotage. Invaincu après deux jours de présence sur le Dakar, l’Espagnol rappelle déjà à beaucoup un certain Ari Vatanen, qui s’était imposé lors de sa première participation au volant d’une Peugeot 205 en 1987. Reste à savoir si Sainz a mangé son pain blanc ou s’il saura mobiliser les mêmes capacités d’adaptation au sable que le Finlandais.
Luc Alphand (MIT – n° 302), qui attend pour sa part sagement de se trouver sur des terrains familiers, a tout de même tenu à montrer que les Mitsubishi ne sont pas en reste, en prenant la deuxième place à 25’’ de Sainz. Impressionné par la technicité du leader provisoire, Alphand ne cultive pourtant aucune inquiétude : « nos voitures n’ont pas du tout été préparées de la même manière que les VW. Elles sont très typées désert et c’est là que tout se passera ». Avec la 4ème place d’Hiroshi Masuoka (MIT – n° 306), suivi par Roma (MIT – n° 304) et Peterhansel (MIT – n° 300), les véhicules de la marque aux diamants font bien meilleure figure que la veille, bien que Stéphane Peterhansel ait déploré une nouvelle crevaison.
Le vent de fraîcheur du jour a été soufflé par Nasser Al Attiyah (BMW – n° 308), qui confirme la bonne santé des BMW X3. Après la cinquième place de Guerlain Chicherit (BMW – n° 322) sur la première spéciale, le pilote Qatari s’est intercalé en 3ème position à seulement 3’’ d’Alphand. Tous deux spécialistes de rallye traditionnel, ils auront également à continuer de faire leurs preuves dans le désert pour s’inviter à la fête que donneront les « Mitsu » et les « VW ».
Les concurrents engages en camion n’ont pas eu la chance de goûter pleinement le parcours de cette deuxième spéciale, la piste ayant été bloquée par le camion tchèque de Tomas Tomecek s’étant couche en travers. Vladimir Chagin signe le meilleur temps, bien que la majorité des équipages soient crédités d’un temps forfaitaire en raison de l’interruption de la spéciale. Il s’agit de la 36eme victoire d’étape pour le Russe, dont quatre consécutivement puisqu’il s’était imposé dans les deux dernières étapes du Dakar 2005.